Depuis que nous nous sommes quittés il y a 4 mois, j’ai fini d’écrire mon second roman, et il est beau comme un enfant qui dort. Il me reste désormais à le réécrire. Non pas qu’il soit mal écrit (ce n’est pas la question : un livre bien écrit peut très bien ne pas fonctionner pour autant), mais maintenant que je tiens mon image de fin, une quarantaine de lettres (et d’innombrables cafés) après avoir commencé, je peux réorienter les scènes existantes vers ce dénouement, équilibrer les différents récits qui se croisent et se répondent, travailler les transitions, et écrire le cas échéant les quelques scènes qui manquent encore. Bref, écrire à rebours de la fin, car les meilleurs plans sont conçus a posteriori.

Je consulte mes Notes pour un dégel (mars-juin 2024) et m’aperçois deux ans après que toute mon approche y figurait déjà. Je venais de comprendre que l’important n’était pas d’essayer de bien écrire (cela a tendance à fausser votre sensibilité), mais de continuer à écrire jusqu’à savoir écrire. Non seulement continuer, mais finir ce que l’on a commencé en s’accordant le moins de temps possible. Et bien sûr, commencer avant de comprendre ce que l’on fait. C’est exactement l’anti-programme que j’ai suivi pour accomplir en 7 mois ce que j’avais échoué à faire en 10 ans (ne renoncez pas !), à ce détail près que je n’aurais pas pu écrire ce livre en public. Le processus était trop sinueux et inintelligible d’une semaine à l’autre pour le soumettre à l’attention générale. Seuls les membres étaient conviés à m’accompagner dans cette découverte progressive de ce que je voulais écrire et, depuis la semaine dernière, de la manière dont je souhaite le réécrire. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour soutenir mon travail et accéder au « verso » de l’écriture.

Écrire un livre n’est pas compliqué, seulement affreusement complexe. C’est notre manque de lucidité qui complique ce qui devrait être simple. J’ajouterai que ce que vous écrivez doit vous surprendre, sinon vous ne descendez pas assez en profondeur. On écrit aussi pour contredire ses intentions de départ. C’est pourquoi ne pas savoir d’emblée ce que l’on fait n’est pas si grave, puisque de toute manière c’est amené à évoluer en cours de route. Tout peut changer, si les trouvailles sont assez belles pour réorienter le livre. Cela exige de nous une curiosité inlassable pour ce que nous écrivons.

Il n’y a vraiment que deux choses à faire pour devenir écrivain :

  • lire beaucoup ;
  • écrire beaucoup.

Je compte organiser de mai à juillet un atelier d’écriture en ligne pour mettre en pratique cette approche libre et spontanée de l’écriture. Le but sera d’écrire 1 000 mots par semaine pendant 100 jours, de quoi produire une cinquantaine de pages et vous orienter dans l’écriture de votre prochain roman. Si cela vous intéresse, écrivez-moi par retour d’email pour m’en dire un peu plus sur votre projet et les difficultés que vous rencontrez. Merci de votre confiance.