Tempus fugit
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Tempus fugit

« Le temps fuit », écrivait Virgile dans Les Géorgiques. Ce sera le thème du troisième bœuf du Club Contreforme. Si vous n’en êtes pas encore membre, devenez-le dès maintenant afin de pouvoir participer à ce bœuf et aux suivants (il y en a un par mois).

Rappel de la consigne

Vous avez 48 heures (soit jusqu’au dimanche 13 juin, 19 h UTC+2) pour improviser entre 250 et 500 mots de prose narrative sur le thème donné. Vous transmettrez sur le serveur Discord du Club un lien vers un fichier Google Docs configuré en mode partage / commentateur. Je lirai chaque contribution et la commenterai lors du prochain salon du Club (jeudi 17 juin à partir de 21 h).

Un temps étale

Non seulement le temps est, pour chacun d’entre nous, une quantité finie, quoique inconnue, mais cette quantité finie ne fait que décroître. Quand par ailleurs une pandémie force chacun à appuyer sur le bouton pause de sa vie sociale, on a l’impression de vivre un temps étale, qui à première vue ne coule plus ou se répète, plat comme l’ennui. Nous sommes tous Anna Karina dans Pierrot le fou, qui répète en traînant les pieds : « Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire. » Mais le temps continue de fuir, nous le savons bien, il nous manque seulement la scansion des événements d’une vie sociale pour en mesurer le cours.

Quand cette pandémie sera enfin derrière nous, et en attendant la suivante, notre perception du temps va subir une brusque accélération, comme pour essayer de rattraper les moments perdus, et on vivra de nouvelles Années folles, titubant d’un pas saccadé comme un acteur de film muet.

Bref, le temps fuit de bien des façons, à vous de trouver celle qui vous fait danser. Rusez pour le retenir, ou du moins le ralentir, montrez les effets du vieillissement sur nos corps ou nos esprits, perdez-vous dans le temps circulaire des jeux vidéo, où la fin n’est jamais tout à fait la fin, puisqu’il suffit de charger une sauvegarde pour continuer de jouer, etc. Le temps vous appartient.

Pour ma part, je replonge dans l’excellent Mao II de Don DeLillo, que nous lisons pour le salon du jeudi 1er juillet.