Elle venait sans prévenir à la nuit tombée et s’arrangeait toujours pour repartir avant le lever du soleil. Je me réveillais seul, encore hagard de la nuit passée avec elle, attaché à des rêves qui ne m’appartenaient pas. Son côté du lit était déjà tiède. Je me réveillais parfois en sursaut, le souffle court et prêt à fuir, incapable de comprendre ce que je redoutais, ce que j’avais pu apercevoir dans mon sommeil. Il faisait encore nuit, et elle qui n’avait rien entendu continuait de dormir comme si de rien n’était. Elle semblait si pâle dans la pénombre qu’il me fallait la toucher pour m’assurer de son existence. Elle remuait un peu ou se serrait davantage contre moi, mais je savais déjà que, quand je me réveillerais quelques heures plus tard, elle ne serait plus là.