Je finis par sortir du cinéma et, sans me mêler plus que ça aux conversations des membres du ciné-club, décidai de rentrer chez moi à pied. Un froid humide était tombé entre-temps sur la ville et je hâtai le pas pour me réchauffer. Il était près de minuit, le peu de monde que je croisais en chemin se dépêchait également de rentrer chez soi, délaissant les derniers attroupements aux portes des bars et winstubs pour retrouver quelque chaleur domestique. Pendant que je suivais la ligne de tram, plus ou moins transi, plus ou moins rêveur des couples serrés l’un contre l’autre, me revenaient les images du film que je venais de voir, une restauration récente d’Une rue sans joie de Pabst.