J’ai relu hier certaines des lettres que j’ai écrites depuis septembre pour Japon × Mexique (le titre est provisoire), ce que je ne fais d’habitude jamais, mais il est temps d’apporter un peu de structure à l’ensemble. Je suis pour l’instant très content de ce que j’ai écrit, ça tient, malgré un manque évident (et assumé) d’organisation. Le ton est juste, les phrases sont justes, c’est ce qui compte le plus pour moi. Mais arrive un moment où travailler à l’échelle des phrases ou même des scènes ne suffit plus, l’ensemble menace de s’effondrer si on ne l’étaye pas davantage. Il faut dégager une structure pour soutenir et transformer une suite de scènes en un tout cohérent, quelque chose d’un seul tenant – un livre. Comme un squelette soutenant un organisme, la structure ne doit pas préexister à l’histoire, mais croître avec elle. Il s’agit de la consolider au fur et à mesure qu’elle grandit, sans l’anticiper. Les tâtonnements suffisent dans les débuts à lancer un projet, et servent encore un peu au-delà ; ce sont autant de sondages dans l’inconnu, à partir desquels extrapoler les pièces manquantes (ou celles que l’on décide d’ôter) et la structure où tout s’enchâsse. C’est ainsi que savoir écrire et écrire un livre sont deux choses différentes.