Évasion du Japon est censé se dérouler juste avant l’ouverture des Jeux olympiques d’été à Tokyo. Tatsuo, qui a participé à un cambriolage, tente de gagner l’Amérique, où il rêve de devenir chanteur. L’hystérie croissante des voleurs, la mort d’un policier, l’attente insupportable dans le vélodrome désert où ils se sont réfugiés : tout concourt à ce que notre empoté de Tatsuo tue l’un de ses complices, qui essayait de violer Yasue, la femme qui les avait aidés, avant de fuir avec elle et l’argent. Pendant le reste du film, il ne cessera de tenir et brandir à tout-va le revolver du mort, dans le barillet duquel il ne reste qu’une balle. Se la réserve-t-il pour lui ? Le titre fait bien sûr référence à ses tentatives d’échapper à la justice de son pays (aujourd’hui, quand vous tapez évasion du Japon dans un moteur de recherche, vous obtenez des articles sur Carlos Ghosn), mais plus largement, au fait que le Japon ne réserve aucun avenir à quelqu’un comme lui. Il y a une très belle scène avant la dernière cavalcade, où le protagoniste traqué confie à sa complice qu’il a toujours été en retard sur les autres, qu’il n’a jamais eu de chance, etc. Yasue prend pitié de lui, enfin un garçon qui ne cherche pas à l’impressionner, et l’embrasse.