À force d’insister, elle avait fini par le convaincre de réaliser La Source thermale d’Akitsu. L’histoire lui tenait tant à cœur, déjà à l’époque où elle travaillait pour la Tōhō, qu’elle avait décidé que son 100e film serait adapté de ce roman. Même si le projet leur semblait irréalisable (comment montrer une histoire d’amour dont presque tout, à part quelques moments épars, est laissé à l’imagination du spectateur ?), les responsables de la Shōchiku avaient accepté, à condition qu’elle produise le film. Elle avait accepté, à condition que ce soit Yoshida qui le réalise. Il lui avait déjà proposé le premier rôle féminin de Bon à rien, son premier long métrage, dont le scénario l’avait beaucoup marquée, mais elle était prise par un autre tournage et avait dû décliner l’offre. Elle avait néanmoins vu le film lors d’une projection privée, et gardait un souvenir ému de la fin, qui était un pastiche de celle d’À bout de souffle, sorti au printemps de la même année (Yoshida ne l’avait pas encore vu, mais il en avait lu un compte-rendu dans Les Cahiers du cinéma, qu’il recevait à Tokyo). Quand elle avait suggéré son nom, on lui avait répondu qu’il ne tournait que des scénarios originaux (de préférence les siens). Faites-moi plaisir, demandez-lui, voulez-vous ? Il avait bien sûr refusé. Il n’avait alors réalisé que 3 films ; tombé par hasard et nécessité dans le cinéma, il se demandait encore ce qu’il voulait en faire et ne souhaitait sans doute pas s’encombrer d’un matériau à respecter. Elle insista pour le rencontrer.
Selon ses critères
Mariko Okada rencontre Kijū Yoshida.