La limite des 10 000 mots a été franchie la semaine dernière, cette histoire commence (presque) à devenir sérieuse. J’envisage de lui consacrer plus de temps, peut-être même, à partir du mois prochain ou du suivant, les deux éditions hebdomadaires de cette lettre.


Il ne reste rien de mon enfance, se disait-il en buvant un expresso à la terrasse ombragée d’un café, quelque part à Coyoacán (il s’était perdu et allait devoir appeler Vicente pour qu’il envoie Gabriel le chercher avec la voiture des studios). Il ne savait pas pourquoi il repensait maintenant à son enfance, qui lui paraissait bien lointaine, presque un autre monde. Peut-être était-ce à cause de cette jeune nourrice et des trois enfants turbulents dont elle avait la charge, qu’il avait croisés en traversant un parc où les jacarandas venaient de fleurir, signe qu’il devrait bientôt rentrer au Japon. Il était sûr que l’allée qu’il avait empruntée était un raccourci pour rejoindre les studios, au lieu de quoi il avait débouché sur cette place discrète, coincée entre un magnolia et un laurier-rose, où il était aussi bien qu’ailleurs pour réfléchir.