Ce jour-là, il pleuvait à verses, et Hatsuko était venue l’attendre avec un parapluie sur une balançoire du terrain de sport, qu’il voyait, comme la plupart de ses camarades, de la fenêtre de leur salle de classe. Il n’osait pas la regarder et ne voulait pas que les autres la voient. Après les cours, il lui demanda – toujours sans la regarder – de ne plus jamais venir le chercher, mais ce qu’elle lui dit alors, comme si elle ne l’avait pas entendu, était si désarmant de simplicité, si gênant de candeur, qu’il ne sut quoi lui répondre. N’ayant jamais fini l’école primaire, disait-elle en regardant par-dessus l’épaule de Yoshida, elle aimait retrouver la part d’elle qu’elle y avait laissée à la mort de ses parents. Ils repartirent tous deux serrés sous le parapluie, qu’ils tenaient chacun des deux mains pour lutter contre les bourrasques de vent qui menaçaient de le retourner et soufflaient dans leurs jambes de cinglantes éclaboussures. Le ciel était sombre, et le parapluie occultait une bonne partie de l’éclairage public qui venait de s’allumer, les maintenant dans une obscurité aussi pure et sévère que le silence qu’ils partageaient.