Du plus loin qu’il se souvienne, Hatsuko le portait sur son dos pour l’emmener au cinéma avec elle. Il pouvait encore sentir l’odeur de colza de la cire bon marché qu’elle utilisait pour coiffer ses cheveux en chignon (il préférait toutefois la cire de sa grand-mère, qui sentait la camomille). Ses lèvres goûtaient au sel de son cou légèrement moite qu’il entourait de ses bras, non sans la faire grogner de temps en temps quand il la serrait trop fort. Elle était petite et bien trop jeune pour être sa mère ; de par leur écart d’âge, elle donnait l’impression d’être une très grande sœur issue d’un précédent mariage, mais quand on s’approchait davantage, on reconnaissait la domestique qui l’élevait depuis sa naissance (c’était déjà elle qui s’occupait de lui avant la mort de sa mère, qui ne voulait pas risquer de le contaminer).
Le secret trahi
Trois mères et une actrice. Deuxième mère.